Compréhensible la grève de la SNCF...quand on a des privilèges, on a pas envie de les lâcher. Normal. Mais ça fait chier, et il serait peut-être temps qu'ils prennent conscience que des réformes sont indispensables si on veut pouvoir financer nos retraites pour le futur...il faut trouver une solution. Le gouvernement propose, mais ça ne plait pas à la SNCF. Donc : SNCF = branleurs, conservateurs ? Pas forcément, parce qu'en est-il de ce gouvernement avec qui les négociations peinent tant ? C'est pas toujours une question de la vieille gauche anti-capitaliste et qui a peur du néo-libéralisme, c'est probablement également le malaise d'une population qui peine de plus en plus à trouver ses repères au sein d'une démocratie où le dialogue entre le peuple et ses gouvernants, ou encore entre les syndicats et le patronnat, est tout simplement inexistant car illusoire. L'exécutif prime sur tout le reste, on a un super-président qui fait tout qui est partout, ça rassure beaucoup de français mais moi ça me fait grave flipper...C'est symptômatique de l'égoïsme de notre société : chacun pour soi, que le meilleur gagne. Certains appellent cela l'individualisme, moi j'appelle ça de l'égoïsme. La SNCF, bien que probablement en décalage avec les réalités économiques et sociales de notre pays auxquelles elle doit faire face, reste dans sa mobilisation, à mes yeux, l'un des derniers bastions de solidarité et de protestation face à ce gouvernement qui semble petit à petit délaisser les vraies valeurs républicaines (que fait l'Assemblée ? ou bien plutôt, que ne fait PAS de notre super-président ?).
Il en est de même avec le mouvement étudiant. Je m'y oppose car je suis plus ou moins pour la réforme, mais je ne m'oppose pas sur son fond contestataire. Au début, je râlais, car j'en avais marre de ces étudiants qui avaient dit non à Sarkozy refuser en bloc les réformes voulues par son gouvernement, je ne voyais qu'un refus systématique, primaire et irréfléchi de tout ce que cette droite libérale pouvait proposer. J'en avais ras le bol que l'opposition conteste sans jamais proposer. Mais au fond, il faut avouer que face au gouvernement actuel, peu d'options et d'alternatives sont envisageables. Il ne reste plus que la contestation, celle qui bloque tout et qui fait chier le monde, mais qui rappelle à chaque fois Ô combien la société française ne se reconnait plus dans cette république. Cette république malsaine, où l'exécutif est roi, où l'exécutif est devenu un spectacle, où la démagogie prime, où méritocratie se confond avec égoïsme, mais surtout où le peuple n'intéragit plus du tout avec ses gouvernants. On blâme sans cesse cette gauche vieillotte, "souverainiste", anti-capitaliste, et c'est vrai, elle l'est. Mais qu'en est-il de cette droite qui au nom de la réforme et du progrès en vient à oublier nos valeurs républicaines fondamentales ?
OUI je suis social-LIBERAL, OUI je suis pour une économie libérale et pour l'initiative privée, OUI je pense que le financement privé des universités de la part des entreprises aura pour effet de booster leur niveau ainsi que leur recherche, OUI je pense que l'on peut se réjouir de la concurrence entre les facs car celles-ci rentreront en émulation et ne cesseront de chercher à aller de l'avant, NON je ne pense pas que la loi Pécresse va compromettre une égalité des chances déjà douloureusement compromise avec le fossé qu'il y a entre l'université française publique et ses grandes écoles privées, et qu'elle est au contraire là pour la promouvoir, afin de redonner à l'université publique le rang qu'elle mérite (l'augmentation des frais de scolarité reste à mes yeux quelque chose de minime, c'est un faux débat : même si ceux-ci triplent, ils passeront de 100 euros à 300 euros... ==> toujours largement inférieurs aux 5000 euros que l'on peut payer pour une grande école, et négligeables dans le budget des étudiants qui galèrent certes pour financer leurs études, car le véritable coût se trouve selon moi du côté du logement et de la bouffe, lesquels atteignent facilement les 500 euros par MOIS, là on parle de frais d'inscription de 300 euros par AN...) ; certes, des gardes-fou sont nécessaires afin de protèger l'existence des universités "peur rentables", celles où l'investissement privé ne s'orientera pas (ex : lettres classiques, etc), mais globalement, OUI, je suis POUR la loi Pécresse. Mais, je suis tellement désolé par la manière dont le gouvernement s'y prend, et je comprends tellement la révolte étudiante face à cela...
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